Kessel

Pourquoi sommes-nous fascinés par la fin du monde ?

Vous avez forcément vu passer l'info de ce chercheur, Jacob Coxon, qui a démissionné d'Anthropic en expliquant que l'I.A. pourrait amener à la destruction de l'humanité. Son message a été vu plus de 150 millions de fois. Mais il y a un mais. Il estime cette probabilité à plus de 10% dans la décennie. Bon ben super !

Vlan!
11 min ⋅ 20/09/2026

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À noter que j’ai décidé de ne plus envoyer la version longue, elle est disponible en audio le jeudi qui suit sur Vlan ! En fonction des retours, j’ai compris que peu d’entre vous, lisait la version longue (un peu plus de deux fois plus approfondie et fouillée). Ça me désole mais comme elle est dispo en audio aussi, vous ne perdez rien :)


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Donc, pendant quelques jours j'ai regardé cette histoire tourner d’éradication de l’humanité par l’I.A.. Les petits débats habituels, ceux qui y croient, ceux qui n'y croient pas. Et j'ai fini par remarquer une chose qui m'a franchement surpris.

Personne ne demande comment.

Non parce que si l'I.A. doit exterminer l'intégralité des 8 milliards d'humains, ça vaut le coup de comprendre comment ça serait possible, histoire de l'éviter. Par quel enchaînement concret de causes et d'effets un logiciel tue-t-il huit milliards de personnes ? Quelle machine, quel accès, quelle chaîne physique, et quel humain ne fait rien pour que ça s'arrête ?

J'ai trouvé une réponse, c'est tiré par les cheveux mais elle existe. Sauf qu'avant d'y arriver, ça m'a amené à une autre question : pourquoi est-ce que je regarde autant de films dystopiques dans lesquels l'humanité est presque détruite ? « Blade Runner », « Je suis une légende », « Walking Dead », « L'Armée des 12 singes ». Vu leur succès je ne suis visiblement pas seul, donc ça dit quelque chose de nous. Et peut-être que c'est moi qui suis étrange, mais j'ai même du mal à citer une série à succès qui soit une utopie sur notre avenir commun. Vous en avez, vous ?

Alors comment, exactement ?

Le journaliste de Wired a fini par poser la question à Coxon. Sa réponse : « L'exemple classique, c'est genre, synthétiser un nouveau virus, ou faire tomber des infrastructures critiques avec une sorte de vague de piratage. » Le mec a donc tout abandonné, son travail, ses actions, sans avoir une idée claire de ce qui pourrait se passer.
On pense toujours aux bombes nucléaires mais le seul scénario un peu construit vient de l'autrice Annie Jacobsen : une I.A. capable de tout pirater s'attaquerait aux laboratoires qui stockent des agents biologiques, et si ce qui est à l'intérieur sort, alors « au revoir les humains ». Sauf que ça ne repose pas sur la superintelligence, ça repose sur le fait que les laboratoires P4 seraient pilotés par des logiciels connectés à un réseau (ce qui n'est pas le cas par ailleurs) et que ceux qui les gèrent soient suffisamment stupides pour laisser une I.A. s'infiltrer.

Voilà le vrai risque. On peut s'en prémunir assez facilement et surtout il est ennuyeux à mourir, donc il occupe 0 % de la conversation. Il n'a aucune des qualités du récit qui a fait 150 millions de vues : pas de créature, pas d'orgueil prométhéen, pas de moment où la machine ouvre les yeux, pas même de coupable identifiable, juste trente ans de décisions techniques prises par des gens fatigués sous contrainte budgétaire. Vous ne pouvez pas en faire un film, ni un post, et surtout pas une prophétie. Entre deux versions d'un même danger, nous choisissons systématiquement celle qui a un auteur. On imagine un robot qui vient tous nous dezinguer, mais bon, Terminator n'est pas né et on est 8 milliards quand même.

Ca permet de ne pas parler du vrai risque : le matrixage auquel nous nous soumettons, la consommation d’eau, d’énergie, de matière première entre autres.

La racine de « Apocalypse »

Apocalypse vient du grec « apokalupsis », de « apo », l'éloignement, et « kaluptein », couvrir. Littéralement un décrochage du voile, donc un dévoilement. Le mot ne désigne pas une destruction mais une révélation, et c'est le titre exact du dernier livre du Nouveau Testament, qui en anglais s'appelle « Revelation ». Nous avons pris un mot qui voulait dire « enfin on voit » et nous en avons fait un mot qui veut dire « tout s'arrête ». J'ai évidemment pensé à Matrix. Pilule rouge ou bleue ?

Sauf que tous ces films ne promettent pas une révélation. Dans Terminator, Skynet devient conscient, on essaie de le débrancher, il riposte, et c'est une chasse : rien à comprendre, seulement à survivre. Et dans Frankenstein, Victor sait ce qu'il a fait dès la première page, et la créature ne détruit pas l'humanité mais sa famille à lui. C'est une tragédie domestique, pas un récit de fin du monde. À force de recherches, j'ai réalisé qu'il n'existe pas UN récit de l'extinction, il en existe au moins quatre, et chacun sert un appétit différent.

Le premier, c'est la faute. C'est Frankenstein. Un homme crée quelque chose qu'il n'aurait pas dû créer et il le paie. Ce que ce récit vous donne, ce n'est pas de la clarté sur le monde, c'est de la clarté morale : un responsable, une transgression, une punition proportionnée. Sauf que la créature de Shelley ne naît pas mauvaise. Frankenstein n'est pas un livre sur le danger de créer, c'est un livre sur le danger d'abandonner ce qu'on a créé. Ce qui change la question : plus « faut-il arrêter ? » mais « qui s'en occupe, avec quels moyens, sous quel contrôle ? ». Moins sexy, mais traitable.

Le deuxième, c'est la chasse. Terminator et les films de zombies. Aucune leçon, aucune révélation, vous êtes poursuivi et vous devez savoir où sont les sorties. Il ne prétend rien vous apprendre. Cela dit, la leçon des films de zombies c'est souvent que « l'homme est un loup pour l'homme ». C'est faux, et ce n'est pas ce que voulait dire Hobbes, mais bon, passons.

Le troisième, c'est le dévoilement. Matrix est une apocalypse au sens propre, et il y a un détail que je n'avais jamais remarqué : Néo cache ses disquettes dans un livre de Baudrillard (oui oui, un Français), Simulacres et simulation, que les réalisateurs avaient fait lire aux acteurs avant le tournage. La pilule rouge, c'est apokalupsis, clairement.

Et le quatrième, c'est le contre-modèle. C'est Avatar, qui n'est même pas un récit de fin du monde mais de destruction d'un monde par un autre : la cupidité humaine d'un côté, de l'autre une manière de vivre qui fonctionne et qui tient debout. Le plaisir n'y est pas celui de la clarté finale, c'est celui de voir exister quelque chose qu'on voudrait. Et je trouve intéressant qu'Avatar soit le film le plus rentable de l'histoire du cinéma.

Nous ne cherchons donc pas une seule chose dans ces histoires, nous cherchons alternativement un coupable, un entraînement, une révélation ou un modèle. Du coup je me suis demandé comment étaient structurées mes soirées selon ces 4 familles, et la quasi-totalité tombe dans les trois premières, avec une grosse tendance sur les deux premières. La quatrième, j'y vais, mais il y a toujours une personne pour vous couper l'herbe sous le pied en vous disant que vous êtes un doux rêveur.

Chez vous ça donne quoi ?

Une peur qui a deux siècles de plus que son objet

En 1950, Asimov crée le complexe de Frankenstein, qui décrit notre peur de l'altérité appliquée aux créations qui pourraient nous échapper, alors même que les machines ne manifestent aucune intention hostile réelle. Le complexe ne décrit donc pas une réaction proportionnée à un danger observé, il décrit une disposition qui précède le danger et qui va chercher son objet. Les trois angoisses qu'Asimov y empile, l'altérité, le remplacement, l'opacité de la machine, sont exactement les arguments d'aujourd'hui. Je trouve ça passionnant.

Donc quand on écrit que l'IA pourrait tuer tous les humains, on ne dépose pas une idée neuve dans un espace vide, on pose une pièce dans une forme creusée depuis longtemps et ce récit s'emboîte tout seul dans nos croyances. Voilà pourquoi personne n'a demandé « mais comment ? ». Nous n'écoutions pas une hypothèse technique, nous reconnaissions une histoire.

C'est quoi mon problème ?

Reste que ça n'explique pas pourquoi je privilégie toujours les dystopies. Franchement, j'ai presque tout vu, c'est fou.

Il existe un truc qu'on nomme « la curiosité morbide », la motivation à rechercher activement de l'information sur les phénomènes dangereux, et c'est aussi ce qui explique les embouteillages quand il y a un accident. Ce que j'ai trouvé super intéressant, c'est que le chercheur Coltan Scrivner a montré que les fans de films d'apocalypse, de zombies ou d'invasion extraterrestre avaient à la fois une meilleure résilience psychologique et une meilleure préparation concrète. Donc en gros je regarde des dystopies parce que je m'entraîne. C'est adaptatif et c'est même plutôt sain. On se justifie comme on peut hein. Mais évidemment, ça ne s'est pas arrêté là, ça aurait été trop beau.

Le même mécanisme qui vous prépare vous rend crédule

Trois études publiées en 2023 se sont penchées sur le lien entre curiosité morbide et théories du complot. Une théorie du complot allègue un plan secret entre acteurs puissants et insiste toujours sur la menace qu'ils représentent. Or la curiosité morbide, c'est exactement ça, aller chercher l'information sur la menace. Résultat, plus la curiosité morbide est élevée, plus les croyances conspirationnistes le sont. Quand je me raconte que mes habitudes de fiction sont un entraînement, ce n'est donc pas faux, mais ce n'est pas l'intégralité de l'histoire. Et cette histoire de destruction de l'humanité par l'I.A., c'est le même mécanisme.

Et si nous voulions vraiment que ça finisse ?

Parallèlement, il existe une position philosophique selon laquelle l'humanité mériterait de disparaître. Le philosophe David Benatar demande d'imaginer une espèce non humaine qui causerait autant de dégâts à ses propres membres et à ceux des autres espèces que nous : beaucoup trouveraient qu'il serait mal d'en produire de nouveaux membres. Pourquoi agir différemment quand l'espèce destructrice est la nôtre ? Je ne partage pas cette position, mais elle n'est plus folklorique. Ce que l'on nomme l'éco-nihilisme repose sur une hypothèse qui est le cœur du problème : la culpabilité collective, l'idée qu'une espèce entière, huit milliards d'individus dont l'immense majorité n'a rien décidé et ne bénéficie de presque rien, porterait la faute de ce qui a été fait. Le raisonnement se tient en apparence, et d'ailleurs je me reconnais dedans par moments en comparant l'humanité à un cancer.

Clairement, nous avons fait des dégâts considérables. Mais une culpabilité se transforme en verdict à partir du moment où elle ne trouve aucun endroit où se transformer en action. Elle passe de « nous avons mal agi » à « nous sommes mauvais », et de là, presque mécaniquement, à « il vaudrait mieux que ça s'arrête ». Sauf qu'ici on transforme un problème systémique en défaillance individuelle, et je pense qu'il faut absolument combattre cette pensée. Notre manière d'être au monde se fait dans une architecture que nous n'avons pas décidée nous-mêmes.

Et à ce stade, j'en suis arrivé à une question métaphysique. Si nous tenons tellement à ce que ce soit nous qui causions notre propre fin, plutôt qu'un astéroïde ou un lent dérèglement, c'est peut-être que l'extinction auto-infligée est la dernière forme d'importance disponible. Dans le récit Coxon, nous ne sommes pas victimes d'une catastrophe aveugle, nous avons créé quelque chose de si puissant que ça nous dépasse. C'est le Prométhée moderne en quelque sorte, nous restons le personnage principal jusqu'à la dernière ligne et notre fin est la conséquence de notre grandeur. L'alternative est beaucoup moins flatteuse : une espèce qui s'abîme lentement dans un climat qu'elle a détraqué par distraction, par petits arbitrages budgétaires, par réunions repoussées, sans scène finale et sans capacité à réagir. Une décomposition sans dénouement. Et forcément, entre les deux, nous préférons la tragédie, parce qu'une tragédie a un auteur et que dans une tragédie, même à la dernière scène, on est encore quelqu'un. Pourtant, il semble assez évident qu'entre les deux, la deuxième est beaucoup plus probable.

La joie rebelle à notre secours

Ce concept que j'ai créé, « la joie rebelle », c'est de regarder la tristesse du monde, de refuser d'être réduit par elle et d'agir à son niveau. Percevoir le climat comme un risque augmente le changement de comportement et la disposition à payer, alors que croire le phénomène inarrêtable réduit les deux. Si la peur mobilise, l'inéluctabilité démobilise, et les deux coexistent parfaitement chez la même personne. Donc choisissons toujours l'action, même si elle nous semble ridicule.

Ce n'est pas anecdotique. Aux États-Unis, le « doomisme » est désormais plus répandu que le climatoscepticisme et il est devenu la première raison invoquée pour s'opposer à l'action climatique. Le déni n'est plus le problème principal, le désespoir a pris sa place, avec une bien meilleure réputation morale, parce qu'on ne peut pas traiter quelqu'un d'irresponsable parce qu'il est triste. Ce qui démobilise, c'est le sombre sans prise. Et c'est exactement le problème du récit Coxon : il n'offre aucune prise, il ne vous dit pas quoi faire, il ne vous dit même pas quoi surveiller, puisqu'il ne dit pas comment ça arriverait.

On se parle du modèle dans lequel tout fini bien ?

On m'oppose souvent que si nous ne regardons que des effondrements, c'est parce que le public ne veut pas d'histoires où ça se passe bien. Ce serait mou, ce serait mièvre. Sauf que l'argument ne tient pas trente secondes : Avatar est le film le plus rentable de l'histoire du cinéma et son sujet est précisément un modèle de vie désirable détruit par la cupidité. L'appétit existe, il est colossal.

Le problème n'est donc pas la demande, il est du côté de ce qu'on produit. L'aube du vingtième siècle était dominée par un utopisme très large, puis nous nous sommes perdus en dystopies, liées surtout aux deux guerres mondiales et, je crois, à l'arrivée des technologies dans nos vies. Et il y a un déplacement à voir. La dystopie classique, celle d'Orwell ou de Huxley, portait sur l'incapacité de l'humanité à construire une société meilleure, c'était une critique politique : nous nous y prenons mal, corrigeons. La dystopie contemporaine, elle, porte sur l'idée que l'espèce humaine en tant que telle est un obstacle à une vie harmonieuse sur Terre. Vous voyez ce que ça implique ? Si le problème n'est plus ce que nous faisons mais ce que nous sommes, alors un futur désirable devient littéralement impossible à écrire. Vous ne pouvez pas raconter une belle histoire dont le personnage principal ne devrait pas exister.

Il existe néanmoins un genre qu'on nomme la dystopie critique : des récits qui montrent des sociétés atroces, qui écrasent presque complètement les groupes de résistance, mais dont le désir utopique n'est jamais totalement vain. C'est la joie rebelle ! Un éclat de possible reste allumé quelque part dans le cadre.

J'ai quelques références d'utopies, comme « La Belle Verte » de Serreau, et puis Ecotopia évidemment, le meilleur roman utopique que j'ai lu. Sauf que ce livre a été refusé par plusieurs maisons d'édition, que l'auteur a fini par le publier lui-même à Berkeley, qu'il s'en est vendu des centaines de milliers d'exemplaires et que, pour une raison que je ne comprends pas, il n'a jamais été adapté au cinéma alors qu'il a 50 ans. L'industrie a refusé le roman utopique le plus influent du vingtième siècle. Ce n'est pas le public qui ne veut pas d'avenir, c'est l'offre qui n'en fabrique plus.

Et c'est peut-être là que se trouve le vrai risque existentiel, beaucoup plus sûrement que dans les laboratoires de Coxon. Une civilisation qui ne sait plus produire d'images de ce qu'elle veut ne peut plus le vouloir collectivement. Elle peut encore avoir peur ensemble, ce qui est déjà une forme de lien, mais elle ne peut plus désirer ensemble. Or on ne se met pas en mouvement pour éviter quelque chose très longtemps. On se met en mouvement pour aller quelque part.

Souvenez-vous d'Asimov d'ailleurs. L'homme qui a nommé notre peur des machines a aussi écrit, vingt-six ans plus tard, L'Homme bicentenaire : l'histoire d'un robot qui renonce volontairement à son invulnérabilité et remplace un par un ses organes mécaniques par des organes humains, pour pouvoir vieillir et mourir avec ceux qu'il aime. Une intelligence artificielle qui accède à la mortalité par amour de l'humanité. Cette histoire existe depuis 1976, elle est du même auteur, elle est aussi bien écrite, et elle n'a pas fait 150 millions de vues. On peut changer cela.

Si vous le pouvez, citez-moi une histoire d'avenir désirable. Un film, un roman, une série, quelque chose qui montre un monde où nous nous y sommes pris autrement et où ça tient debout. Je suis parti avec Avatar, La Belle Verte et Ecotopia. Envoyez-les-moi, j'en fais une liste et je la publie. C'est important je crois, car une civilisation qui n'arrive plus à nommer dix histoires de ce type a un problème beaucoup plus urgent que celui dont Coxon nous a parlé.

Des bisous de joie rebelle !

Greg

Cette semaine sur Vlan!

Sur Vlan!

#408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht

Loïc Hecht, journaliste. Il vient de publier La Simulation (Les Arènes), le récit de dix ans d'enquête sur cette idée qui fascine la Silicon Valley : et si notre monde n'existait pas vraiment ?
Peut-être que le sujet de cet épisode va vous surprendre, on en a déjà beaucoup parlé mais chaque interview est différente. Peut-être que vous allez vous demander si je suis devenu fou. C'est d'ailleurs exactement la réaction que j'ai eue en découvrant le travail de Loïc : what the fuck?. Sauf que son livre n'est pas un essai de plus sur une théorie de geeks. C'est une enquête, écrite à la première personne, presque à la Tintin, où il part rencontrer les gens qui prennent cette hypothèse au sérieux. Et sa première surprise, c'est de découvrir qui ils sont : astrophysicien à la NASA, chercheur en intelligence artificielle à Berkeley, mathématicien à Caltech, ingénieur au MIT. Des institutions qui fabriquent des prix Nobel.

Dans cet épisode, nous parlons de physique quantique, de l'expérience des fentes de Young, de ce que les neurosciences n'arrivent toujours pas à expliquer, du programme de remote viewing financé par la CIA pendant vingt ans, des psychédéliques, de Copernic et de la peur du bûcher.

J'ai questionné Loïc sur le moment où son enquête s'est retournée contre lui. Parce que plus il cherchait le glitch dans la réalité, plus il tombait sur une autre question, beaucoup plus intime : qui suis-je dans tout ça ? Et là, la simulation la plus solide n'est plus celle de l'univers. C'est celle qu'on a construite autour de soi pour être aimé.
Je ne sais toujours pas si on vit dans une simulation. Mais je sais qu'il y a des choses fondamentales qu'on croit vraies et qui sont probablement fausses. Et ça, c'est passionnant.

Sur Vlan! Leadership

#75 Ces entreprises ont choisi de prendre soin et elles gagnent quand même avec Isaac Getz et Laurent Marbacher

Isaac Getz, professeur à l'ESCP Business School, auteur et conférencier, et Laurent Marbacher, auteur, conférencier et accompagnateur de dirigeants et d'équipes apprenantes. Ensemble, ils signent The Caring Company, en français L'entreprise qui prend soin, un livre nominé dans la catégorie Breakthrough Ideas du Thinkers50, ce qui revient à peu près aux Césars des idées de management.

Ils se sont rencontrés en 2010 au bord de la piscine de Jean-François Zobrist, le patron de la fonderie Favi, et ils ne se sont plus quittés. Après avoir porté ensemble le mouvement de l'entreprise libérée, qui compte aujourd'hui 400 à 500 entreprises et administrations en France, ils sont partis sur trois continents chercher les entreprises qui étendent ce soin au-delà de leurs salariés. Aux clients, aux fournisseurs, aux communautés dans lesquelles elles vivent.

Ce qui m'a frappé dans cette conversation, c'est à quel point ils refusent la case dans laquelle on voudrait les mettre. Ils ne sont ni les enfants du capitalisme ni ses procureurs. Ils décrivent des entreprises capitalistes, qui font des profits, qui écrasent leurs concurrents sur le terrain de la performance, et qui pourtant ne se lèvent pas le matin pour maximiser quoi que ce soit.

Dans cet épisode, nous parlons de la différence entre une philosophie et un modèle, de la transaction comme croyance fondatrice de l'économie marchande, de ce que Laurent appelle le heartset shift plutôt que le mindset shift, du coût invisible du contrôle et de ce que devient une entreprise quand elle décide de traiter ses interlocuteurs comme des amis, à l'échelle de centaines de milliers de personnes.

J'ai questionné Isaac Getz et Laurent Marbacher sur ce que j'appelle l'invisible dans l'entreprise. Tout ce qui compte vraiment et qu'aucun KPI ne saura jamais attraper. Leurs réponses m'ont fait reconsidérer ce que j'ai toujours pris pour du bon sens économique.

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Des liens tout à fait incroyables

  1. Pourquoi les acteurs de l’I.A. parlent d’IApocalypse?
    Evidemment je ne suis pas le seul à me poser ce genre de questions et Usbeck et Rica ont également traité le sujet à leur manière, c’est à dire hyper professionnelle et nous sommes assez proches dans nos analyses simplement eux parlent beaucoup plus de régulations car evidemment tout l’enjeu est la guerre entre les U.S. et la Chine, une sorte de nouvelle guerre froide à base de technologies.

  2. Qu’est-ce que le fascisme de la fin des temps que défend Naomi Klein?
    Naomi Klein vous la connaissez forcément, elle est l’autrice de livres hyperengagés et souvent très juste par ailleurs. Le titre de son nouveau livre “le fascime de la fin des temps” m’a interpellé et je suis tombé sur cette analyse que j’ai trouvé super intéressante. En gros, elle interroge le technofascisme : la manière dont l’IA, les algorithmes et les plateformes transforment et diffusent les idéologies fascistes. Elle dit « Le fascisme de la fin des temps est un fascisme qui repose sur la conviction que quelque chose d’immense est en train de s’achever et qui répond à cette vérité dérangeante par une cruauté assumée ». En lire plus ici.

  3. La cise de l’influence

    C’est peut-être parce que j’ai été CEO de la première agence d’influence en Europe en 2006 ou parce que je créé du contenu depuis si longtemps que ce sujet me touche toujours. Cette fois, l’analyse est de dire que les créateurs de contenus connaissent une crise certaine car les marques commencent à vraiment questionner la pertinence de leur donner autant d’argent. D’autant que le public veut désormais mieux comprendre comment cela peut améliorer leur vie ou pas de consommer ce contenu….Je pense malgré tout que l’influence à de beaux jours devant elle.

Je me limiterais toujours à 3 liens donc voilà c’est tout pour cette semaine (sachant que Vlan! La newsletter est bimensuelle comme Vlan! Leadership), n’hésitez pas à me faire des retours et à partager la newsletter à vos amis, collègues, connaissances si vous la trouvez pertinente. Il y a un bouton juste en dessous !

Vlan!

Par Gregory Pouy

Je suis optimaliste et surtout généraliste, au croisement de la philosophie, de la sociologie, de l'économie et parfois des neurosciences. Ma valeur est de faire les connexions que les spécialistes ne font pas parce qu'ils restent dans leur domaine.

Ce qui m'anime : vous redonner envie du futur. Entre l'optimisme béat et le catastrophisme professionnel, j'appelle ça l'optimalisme : réaliste sur ce qui arrive, convaincu que la joie rebelle nous aidera à traverser.

Je suis le créateur de Vlan! et Vlan! Leadership. 9 ans, 500 conversations, plus de 20 millions d'écoutes. Vous êtes ici sur ma newsletter toutes les deux semaines, j'anime des conférences pour des CODIR et COMEX, et je vis entre Lisbonne et Paris.

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62 millions de visites en un mois de février. C'est le score d'un site dédié à aider les hommes qui veulent violer des femmes. Un groupe Telegram qui s'appelle "Zzz". Des posologies échangées comme des recettes de cuisine. CNN a mis 5 journalistes dessus pendant plusieurs mois et ils ont conclu à l'existence d'une "académie du viol" mondialisée.

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