La vie danse toujours au bord du chaos. Et si c'était une bonne nouvelle ?

Une phrase de Pablo Servigne autour d'un déjeuner m'a forcé à revoir entièrement la façon dont j'utilise le mot "chaos" depuis des années. Si l'opposé du chaos c'est la mort, alors peut-être que notre vrai problème n'est pas l'instabilité elle-même, mais la façon dont nous essayons désespérément de l'éviter.

Vlan!
18 min ⋅ 08/03/2026

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La semaine avant de partir en vacances, j'ai pris un immense plaisir à déjeuner avec Pablo Servigne, que j'avais reçu quelques semaines auparavant sur Vlan!.
Si vous ne le connaissez pas, Pablo est chercheur et essayiste. C’est l'une des personnes qui réfléchit le plus sérieusement en France aux scénarios d'effondrement de nos sociétés. Mais il est surtout celui qui se bat pour expliquer que les seuls modèles de société viable sur le long terme, sont ceux qui mettent la collaboration et l’entraide au centre. C’est une personne d'une douceur et d'une présence remarquables en dehors du micro mais également d’une humilité rare.

Bref, au bout d'un moment, la conversation a dérivé vers le contexte général et vous imaginez bien que nous avons parlé de politiques et de ce que j'appelle les polycrises et naturellement des turbulences à venir.
Et comme je le fais habituellement, j'ai commencé à parler de chaos. J'utilise ce mot très régulièrement dans mes newsletters, dans le podcast, dans mes conversations ou mes conférences bien sûr. Il résonne chez moi et visiblement chez vous aussi, à en juger par vos retours. Ça me fait penser à mon ami Mathieu Dardaillon et à son livre « anti-chaos ».

Et à un moment de notre conversation, Pablo m'a regardé avec un petit sourire et il m'a dit quelque chose qui m'a arrêté net : "Tu parles du chaos comme si c'était un problème. Mais la vie danse toujours au bord du chaos. L'inverse du chaos, un ordre absolu, ça signifierait la mort — ou son équivalent, puisque plus rien ne bouge."

J'ai mis quelques secondes à répondre, ce qui ne m'arrive pas souvent.
Parce que j'ai réalisé d'un coup que j'utilisais ce terme depuis des années avec une connotation systématiquement négative, le chaos comme synonyme de danger, d'instabilité à corriger, de problème à résoudre.  Et que cette façon de le poser contenait peut-être une erreur fondamentale dont je n’avais même pas conscience. Vous voyez ? Quand on ne sait pas qu’on ne sait pas…

Et si l’enjeu n’était pas le chaos mais notre résistance à lui ?
Ce qui nous exténue n’est peut-être pas le chaos lui-même mais l’énergie colossale que l’on investit pour fuir l’imprévisible. C’est peut-être ce qui nous empêche d’avancer. Parce que, si l'opposé du chaos c'est la mort, alors le chaos n'est pas ce dont il faut se protéger puisque c'est la condition de base du vivant.
Et la vraie question n'est pas "comment revenir à la stabilité" mais "comment naviguer dans ce qui, par nature, ne sera jamais stable" ? C'est cette question que j'ai envie d'explorer avec vous aujourd'hui.
Elle m'a conduit à me plonger dans des travaux de recherche que je ne connaissais pas, à relire des auteurs que je pensais connaître sous un angle différent, et à changer assez profondément ma façon de me représenter ce que nous traversons. Je vous rassure, ce n'est pas du développement personnel ou du la psychologie de comptoir. Au contraire, je crois que c'est quelque chose de plus fondamental, et franchement, utile.

Ce que j'ai découvert sur le chaos et qui change tout

J'utilise souvent le mot "chaos" dans mes newsletters et dans le podcast pour décrire ce que nous traversons collectivement. La polycrise. L'instabilité. Les turbulences à venir. Mais à force de l'utiliser de cette façon, je réalise que je l'ai moi-même mal compris pendant longtemps. Parce que pour la plupart d'entre nous, le chaos est synonyme de désordre pur, de pagaille, d'incompétence collective. Quand un gouvernement est chaotique, c'est qu'il est mauvais. Quand une entreprise est chaotique, c'est qu'elle est mal gérée. Quand une vie est chaotique, c'est qu'elle a déraillé. J'ai utilisé le mot exactement comme ça pendant des années, pour pointer quelque chose de négatif, quelque chose à corriger, à fuir.
Ce n'est qu'en me plongeant dans les travaux de chercheurs spécialisés en théorie des systèmes complexes que j'ai commencé à comprendre à quel point cette vision est non seulement incomplète, mais structurellement fausse. Au cours de mes recherches, je suis tombé, entre autres, sur Stephen Guastello, un psychologue américain qui a passé une grande partie de sa carrière à étudier comment les systèmes dynamiques non linéaires s'appliquent aux comportements humains. Ce qu'il explique dans ses travaux, c'est que le chaos est une dynamique où de petites variations initiales peuvent produire des effets majeurs, tout en générant des structures stables et reconnaissables. Vous connaissez peut-être l'effet papillon, ce principe selon lequel une modification infime au départ peut produire des conséquences massives plus loin dans la chaîne. On l'évoque souvent pour illustrer la fragilité et l'imprévisibilité des systèmes. Mais ce qu'on oublie de mentionner, c'est l'autre face de ce même phénomène : ces systèmes chaotiques produisent aussi des structures d'une beauté et d'une cohérence stupéfiantes. Les fractales, ces formes géométriques qui se répètent à toutes les échelles, qu'on retrouve dans les fougères, les côtes maritimes, les flocons de neige. Le rythme cardiaque, qui est légèrement irrégulier chez un cœur sain et parfaitement régulier chez un cœur malade. La croissance des arbres. La formation des nuages. Tout cela est chaotique au sens technique du terme, non linéaire et imprévisible dans le détail, mais générateur de formes et de structures reconnaissables.
Ce que j'ai trouvé fascinant, et qui m'a demandé un moment pour vraiment l'intégrer, c'est que le chaos n'est pas l'opposé de l'ordre. C'est le processus par lequel l'ordre émerge de manière non planifiée. Ce que les chercheurs appellent l'auto-organisation. Et ça change absolument tout à la façon dont on peut penser notre relation à l'incertitude.

Pourquoi notre cerveau traite l'incertitude comme une menace mortelle

Avant d'aller plus loin, je veux être honnête avec vous sur quelque chose : comprendre intellectuellement que le chaos est générateur de structures ne suffit pas à faire disparaître la panique quand la situation devient incontrôlable. Et il y a une très bonne raison à ça, qui tient à notre biologie bien plus qu'à notre psychologie.

Notre cerveau est avant tout une machine à prédire. Il construit en permanence des modèles du monde, des représentations de ce qui va probablement se passer, pour nous permettre d'agir de façon adaptée avant même que les événements ne se produisent. Pendant des millions d'années, cette capacité d'anticipation a été une question de survie littérale : l'ancêtre qui n'anticipait pas la présence du prédateur derrière le rocher ne transmettait pas ses gènes. Ce que ça signifie concrètement, c'est que l'incertitude radicale active le même système d'alarme que la menace physique. L'amygdale, cette petite structure au cœur de notre cerveau qui traite les signaux de danger, ne fait pas vraiment la différence entre "un lion va me dévorer" et "je ne sais pas ce qui va se passer dans ma vie professionnelle dans six mois". Les deux produisent de l'anxiété, de la vigilance accrue, une mobilisation des ressources vers la survie immédiate au détriment de la réflexion à long terme.

J'ai également découvert les travaux de Donna Brothers, une psychanalyste américaine, qui a développé ce qu'elle appelle « l'anxiété cartésienne ». L'idée est la suivante : depuis Descartes, la pensée occidentale a construit tout un édifice intellectuel autour de la certitude comme idéal. On cherche la méthode, le fondement solide, la vérité indubitable. Et quand on ne la trouve pas, c'est-à-dire presque toujours, on souffre. Ce n'est pas tant l'incertitude en elle-même qui génère la souffrance, c'est la collision entre l'incertitude réelle et notre croyance profonde qu'il devrait y avoir de la certitude. Pour le dire autrement : nous ne souffrons pas du chaos. Nous souffrons du fait que le chaos n'est pas ce que nous pensions que le monde devrait être. Et cette nuance, si elle semble subtile de prime abord, a des implications pratiques énormes. Parce qu'on ne peut pas éliminer le chaos. Mais on peut travailler sur la croyance que la stabilité devrait être la norme.

Deux chercheurs australiens, Robert Pryor et Jim Bright, ont développé dans leurs travaux ce qu'ils appellent la "théorie du chaos des carrières". Leur point de départ est simple: nos trajectoires de vie sont intrinsèquement non linéaires. Personne n'arrive là où il pensait aller en faisant le chemin qu'il avait prévu. Les carrières les plus riches et les plus signifiantes sont rarement celles qui ont suivi le plan initial à la lettre. Et pourtant, nous continuons à construire des plans de vie comme si la linéarité était possible, puis à nous faire souffrir quand la réalité ne s'y conforme pas. La panique face au chaos, disent-ils, naît d'attentes linéaires irréalistes appliquées à un monde fondamentalement non linéaire. Je ne sais pas pour vous, mais moi, cette phrase m'a mis un coup. Parce que j'ai passé une bonne partie de ma vie professionnelle à essayer de planifier des trajectoires linéaires dans un monde qui ne l'est pas. Et à me sentir coupable ou incompétent quand ça ne se déroulait pas comme prévu.

Le chaos est le principe même de la vie et ce n'est pas une métaphore

A ce stade, je vais vous parler de quelque chose qui m'a secoué. Pas juste intellectuellement, mais dans ma façon de me représenter la vie et ce que signifie évoluer. En cherchant des travaux sur le chaos et les systèmes vivants, je suis tombé sur Roy Bird, un chercheur britannique qui a écrit un livre entier sur les liens entre chaos, évolution et pensée. Sa thèse centrale est presque vertigineuse si on s'y arrête vraiment : la vie n'est pas un phénomène qui résiste au chaos ou qui émerge malgré lui. La vie est un phénomène chaotique. Techniquement, pas métaphoriquement. L'évolution ne progresse pas linéairement vers une forme parfaite et stable. Elle tâtonne, bifurque, s'adapte, échoue massivement, la grande majorité des espèces qui ont existé sur Terre ont disparu et c'est précisément cette instabilité radicale qui lui a permis de produire la diversité extraordinaire du vivant. Un ingénieur qui aurait "planifié" l'évolution de manière linéaire et optimisée n'aurait jamais produit la pieuvre, l'orchidée ou le cerveau humain. Ces formes émergent de l'imprévisible, pas malgré lui.

J'ai aussi découvert les travaux de Michael Conrad, un chercheur américain qui a publié dans les années 1980 un article dont le titre me semble aujourd'hui d'une clarté presque brutale : "What is the use of chaos ?" littéralement « À quoi sert le chaos ? ». Sa réponse, après des années de recherche sur les systèmes biologiques : le chaos favorise l'adaptabilité. Les systèmes vivants qui incorporent de l'instabilité dans leur fonctionnement sont plus capables de répondre à des perturbations imprévues que ceux qui cherchent à maintenir un ordre parfait et rigide. Un système trop stable, trop ordonné, devient fragile. Il ne sait plus s'adapter.

Les chercheurs en résilience des systèmes utilisent une expression que je trouve très juste pour décrire ce phénomène : "l'orée du chaos". C'est cette zone d'instabilité particulière, ni trop ordonnée ni trop désorganisée, où les systèmes ont à la fois assez de structure pour ne pas s'effondrer et assez de mouvement pour se réorganiser. C'est là, précisément dans cet espace inconfortable et ambigu, que l'innovation émerge. Que la créativité devient possible. Que les transformations profondes ont lieu. Permettez-moi de rendre ça très concret. Pensez aux moments de votre vie où vous avez le plus évolué, le plus changé, le plus grandi. Je suis prêt à parier que ce ne sont pas les périodes tranquilles où tout allait selon le plan. Ce sont les périodes de turbulences, les ruptures, les échecs, les transitions forcées, les moments où tout ce sur quoi vous comptiez s'est révélé moins solide que prévu qui ont produit les changements les plus durables. Ça ne veut pas dire que la souffrance est bonne en elle-même. Je tiens à être précis sur ce point parce que c'est facile de glisser vers un discours qui romantise la douleur et ça serait malhonnête. Ce qui se passe, c'est que l'instabilité crée des conditions qui rendent la réorganisation possible là où la stabilité confortable la rendait inutile.

J'ai quitté le marketing digital après plus d'une décennie. Ce n'est pas parce que j'avais un plan parfait tracé d'avance. C'est parce que la situation était devenue suffisamment chaotique, professionnellement et intérieurement, pour que la réorganisation devienne non seulement possible mais nécessaire. Dans un moment de stabilité confortable intérieure, je n'aurais jamais eu ni le courage ni même le désir de faire ce saut. Mais pour moi, j’étais du mauvais côté du 21e siècle et ça m’était insupportable. C'est le chaos qui a rendu le mouvement possible.

Ce que nous faisons collectivement qui aggrave tout

Je vais maintenant élargir la focale parce que cette question du chaos ne se pose pas seulement à l'échelle individuelle. Il y a quelque chose de systémique dans notre façon collective de répondre à l'incertitude, et je pense que c'est important d'en parler. Nous vivons dans des sociétés qui ont structurellement organisé leur fonctionnement autour de la simulation de certitude. Les marchés financiers prétendent quantifier et gérer le risque de façon à le rendre prévisible — jusqu'à ce qu'une crise survienne et révèle que toute cette sophistication mathématique n'a fait que masquer l'incertitude, pas l'éliminer. Les organisations construisent des plans stratégiques à cinq ans dans des environnements où personne n'est capable de prédire ce qui va se passer dans dix-huit mois. Les gouvernements font des promesses de croissance et de stabilité dans des contextes où ni l'un ni l'autre ne dépend d'eux.

Hartmut Rosa est un sociologue allemand dont j'ai découvert les travaux via une conversation pour le podcast, et dont je continue à penser les idées régulièrement. Il a développé une thèse sur ce qu'il appelle l'accélération sociale, cette impression collective que tout va de plus en plus vite, que nous n'avons plus le temps de nous adapter à un changement avant que le suivant n'arrive (j’ai fait une newsletter complète sur ce sujet si ça vous intéresse). Sa lecture est que nous répondons à cette accélération par ce qu'il appelle la "stabilisation dynamique" : nous courons de plus en plus vite pour rester à la même place, en cherchant à conserver une position stable dans un monde qui bouge. Ce que Rosa montre c'est que cette stratégie génère une forme d'aliénation profonde. Nous nous retrouvons à courir après un monde qui se dérobe, à contrôler des processus que nous ne comprenons plus vraiment, à maintenir des positions dont nous ne savons même plus si elles correspondent à ce que nous voulons vraiment. Le résultat, c'est ce qu'il appelle la "résonance manquée" : une relation au monde qui devient mécanique, froide, où nous cessons d'être vraiment touchés ou transformés par ce qui nous arrive. Et je pense que c'est exactement ce que nous faisons avec le chaos. En cherchant à tout contrôler, à tout planifier, à tout rendre prévisible, nous nous coupons de la capacité à être vraiment affectés par ce qui se passe. À apprendre. À nous transformer. Nous gérons le chaos au lieu de le traverser.

Byung-Chul Han, un philosophe coréano-allemand dont j'ai également croisé les travaux ces dernières années, a une formulation que j'aime beaucoup pour décrire ce phénomène. Il parle de la "société de la transparence" : notre obsession collective à tout rendre visible, mesurable, contrôlable, élimine précisément ce qui rend la vie intéressante — l'opacité, le mystère, l'altérité radicale de l'autre. Le chaos est, d'une certaine manière, l'irruption de cette altérité dans notre espace contrôlé. Et notre réaction défensive dit quelque chose d'important sur ce que nous avons perdu.
Sans parler que l’on a peut-être tous mis des lunettes grises, et peut-être qu'on voit tout sous la forme d'une crise.
C’est ce que m’a rappelé Cécile Wendling que je reçois sur Vlan ! cette semaine. Cécile Wendling est une prospectiviste, quelqu'un dont le métier est précisément d'aider des organisations et des individus à se projeter dans le temps long. Elle ne nie pas que les crises existent mais elle pointe quelque chose de plus subtil : le mot « crise » n'est pas neutre, il est une construction sociale aussi. Il induit qu'il faut décider vite, se concentrer sur l'essentiel, agir dans l'urgence. Et ce faisant, il crée des angles morts énormes dans la façon dont on pense l'avenir. Le chaos aussi est en partie un regard qu'on pose sur le réel. Ce n'est pas une raison de nier ce qui est difficile. C'est une invitation à se demander si on ne confond pas parfois la carte avec le territoire.

Ce qui m'a frappé en lisant tous ces auteurs ensemble, c'est qu'ils décrivent en réalité le même problème sous deux angles différents. Rosa parle de la vitesse, Han parle de la transparence et Wendling de construction sociale. Mais ils pointent vers la même chose : une société qui a tellement optimisé contre l'imprévisible qu'elle s'est coupée de sa propre capacité à se transformer. Une société qui a peur de danser au bord du chaos, pour reprendre les mots de Pablo, et qui préfère l'immobilité sécurisante à la vie en mouvement est déjà morte en quelque sorte.

L'effondrement n'est pas la même chose que le chaos

Comme le titre l’indique, je pense que c’est important de faire une différence importante car si on ne clarifie pas, alors tout ce que je viens de dire peut sonner comme de la naïveté ou du relativisme de mauvaise foi.
Et ce n'est ni ce que je pense, ni ce que la recherche dit. Évidemment, le chaos peut être dévastateur.
Il y a des turbulences qui brisent des gens de façon durable, des crises qui détruisent des organisations, des sociétés, des écosystèmes entiers. D’ailleurs, Pablo Servigne lui-même, dont je parlais en introduction, a consacré une grande partie de sa réflexion à des scénarios d'effondrement qui sont tout sauf optimistes. Il nous rappelle avec justesse que certains systèmes chaotiques ne se réorganisent pas en quelque chose de meilleur.
Ils s'effondrent, tout simplement, et ce qui vient après n'est pas nécessairement préférable à ce qui existait avant.

La question n'est donc pas de romantiser le chaos ou de dire que tout désordre mène à quelque chose de beau.
La question, beaucoup plus précise et beaucoup plus difficile, c'est : qu'est-ce qui détermine si un système traversé par le chaos s'effondre ou émerge transformé ? Et est-ce que cette différence dépend de quelque chose sur lequel on a une prise ? Les chercheurs qui ont travaillé sur la résilience des systèmes, et j'inclus ici autant les écologistes que les psychologues que les spécialistes des organisations, ont convergé vers des réponses qui sont contre-intuitives. Ce n'est pas la solidité qui protège les systèmes. Les structures les plus rigides, celles qui résistent sans bouger, sont souvent les premières à se briser sous une pression suffisante.  Ce qui protège, c'est la flexibilité c’est-à-dire la capacité à se laisser traverser, déformer, réorganiser, sans perdre le fil de ce qui est fondamentalement important. Mais j'entends déjà la difficulté : comment on identifie ce "fondamentalement important" concrètement, quand on est en plein dans la turbulence et qu'on ne voit plus très bien ?

Je n'ai pas de méthode universelle à vous donner et je me méfie de ceux qui en ont. Ce que je peux partager, c'est ce qui m'a personnellement aidé. Dans les périodes les plus chaotiques de ces dernières années, le fil que je n'ai jamais voulu perdre, c'était ma curiosité et ma capacité à rester en lien avec des gens qui comptent vraiment et mon souhait de transmettre ainsi que tout un lot de valeurs essentielles pour moi. Tout le reste, le statut, les projets précis, les plans à 5 ans, j'ai fini par accepter de le laisser se déformer. Mais quand j'ai senti que le chaos menaçait ma capacité à penser librement ou à avoir des conversations profondes, c'est là que quelque chose en moi a résisté. Pas par rigidité mais parce que c'était le noyau. La question à se poser, je crois, c'est celle-là : qu'est-ce qui, si vous le perdez, vous rend méconnaissable à vous-même ?

Mais parlons un peu de la résilience, parce que la résilience est un concept qu'on utilise beaucoup trop facilement, et il y a quelque chose d'important à dire dessus. Des chercheurs en psychophysiologie ont montré que la résilience a un coût corporel réel, ce qu'on appelle la charge allostatique, c'est-à-dire l'usure progressive du système nerveux à force de s'adapter à des perturbations répétées. Quelqu'un qui "rebondit" après un trauma, qui semble fonctionnel et même performant, n'est pas nécessairement indemne. Il a juste payé le prix ailleurs, dans son corps, dans son sommeil, dans sa capacité à être vraiment présent. La résilience n'est pas gratuite en réalité et je pense qu'on ne rend service à personne en la présentant comme un idéal à atteindre sans mentionner ce qu'elle coûte. Ce que j'en retiens concrètement pour ma propre vie, c'est que les questions pertinentes ne sont pas "comment puis-je empêcher ça d'arriver ?" ou "comment puis-je reprendre le contrôle ?". Les questions pertinentes sont plutôt : "qu'est-ce qui est vraiment fondamental pour moi dans cette situation, ce que je ne veux pas perdre même si tout le reste change ?" et "qu'est-ce que je peux laisser se transformer sans trop résister ?"
C'est une distinction que je trouve difficile à appliquer dans le feu de l'action, pour être honnête. Dans les moments de vraies turbulences, on a tendance à se rigidifier et la tentation de tout vouloir contrôler est énorme et presque automatique.  Mais je pense que c'est l'une des compétences les plus importantes à développer dans les années à venir, individuellement et collectivement. Non pas pour se résigner, mais pour arrêter de gaspiller de l'énergie à résister à ce qui ne peut pas être évité, et concentrer cette énergie sur ce qui peut vraiment être influencé. Parce que cette résistance peut aussi créer sa propre misère en réalité.

Ce que la recherche dit vraiment sur comment naviguer dans le chaos

Bon tout ça est beau intellectuellement mais si ça ne nous aide pas à vivre différemment, ça reste de l'exercice théorique. Je vais donc essayer d’être plus concret. J'ai mentionné plus tôt Robert Pryor et Jim Bright et leur théorie du chaos des carrières. Ce que je n'ai pas dit, c'est ce qu'ils proposent comme réponse pratique à cette réalité non linéaire. Ils identifient plusieurs attitudes qui permettent de naviguer dans l'incertitude de façon plus productive, et la première d'entre elles m'a vraiment frappé.  C'est ce qu'ils appellent l'"incertitude positive".
L'idée n'est pas d'accepter passivement ce qu'on ne contrôle pas, comme une sorte de résignation zen. C'est plutôt de traiter l'incertitude comme une source d'information plutôt que comme une menace. De se demander non pas "comment est-ce que je contrôle ça" mais "qu'est-ce que cette situation imprévue me montre que je ne voyais pas avant ?" C'est une bascule d'attitude plus que de comportement, et elle change beaucoup. La deuxième attitude qu'ils identifient, c'est la curiosité comme boussole. J’ai de la chance de ce côté là avec ma curiosité mais je suis certain que vous aussi. Dans un monde non linéaire, disent Pryor et Bright, la curiosité est plus utile que le meilleur plan stratégique. Elle maintient l'adaptabilité quand les cartes sont rebattues, parce qu'une personne curieuse cherche à comprendre ce qui se passe plutôt qu'à forcer la réalité à correspondre à ses attentes. La curiosité est une façon de rester ouvert à ce qui émerge au lieu de se fermer sur ce qui était prévu.

Viktor Frankl est un auteur que je cite régulièrement, et que vous connaissez peut-être si vous suivez cette newsletter depuis un moment. Pour ceux qui ne le connaissent pas : c'est un psychiatre autrichien qui a survécu aux camps de concentration et qui a développé, en grande partie à partir de cette expérience extrême, une approche thérapeutique centrée sur le sens. Sa thèse fondamentale, c'est que l'être humain peut traverser à peu près n'importe quelle situation s'il y trouve un sens, une direction qui lui donne une raison de continuer. Ce n'est pas un sens définitif et immuable qu'il faudrait avoir trouvé une fois pour toutes. C'est quelque chose de suffisamment fort pour tenir debout même quand rien d'autre n'est stable. 

Et puis à ce stade, difficile de ne pas parler du bootcamp de mon ami Matthieu Dardaillon qui a créé une boussole anti-chaos pour réussir justement à ne jamais perdre le fil. Matthieu qui est très pragmatique a développé un outil incroyable, une boussole, pour s’en sortir dans le chaos. Mais ce que je retiens de tout cela pour notre sujet, c'est que le sens est l'une des rares choses qui résiste au chaos.  Ce n’est pas nécessairement un plan super clair, encore moins des certitudes ou des prévisions sur l’avenir mais tout simplement le sens. Et c'est peut-être la question la plus importante à se poser en période de turbulence : pas "comment je reprends le contrôle" mais "qu'est-ce qui compte assez pour que je continue à m'y engager même si rien ne se passe comme prévu ?" Les gens qui tiennent dans les turbulences ne sont pas nécessairement ceux qui ont les meilleures ressources matérielles ou les plans les plus solides. Ce sont souvent ceux qui ont une réponse claire à cette question.

J'ai également beaucoup réfléchi à quelque chose que Hartmut Rosa appelle la "résonance". C'est sa réponse à l'aliénation qu'il décrit, et je la trouve particulièrement juste pour ce dont on parle ici. La résonance, c'est cette qualité de relation au monde où on est vraiment touché par ce qui se passe, où on laisse les expériences nous transformer plutôt que de chercher à tout maîtriser à distance. Rosa nous dit quelque chose d'important : on ne peut pas forcer la résonance. On peut seulement créer les conditions pour qu'elle soit possible, s'ouvrir à ce qui se passe, accepter d'être affecté. Mais elle arrive ou non selon des logiques qui nous dépassent en partie. Et je pense que c'est exactement ça, être ouvert au chaos plutôt que de le fuir. Ce n'est pas l'abandon du discernement ou de la responsabilité. C'est accepter qu'on ne maîtrise pas tout, et que c'est précisément dans cet espace de non-maîtrise que les choses les plus importantes ont une chance d'arriver.

La responsabilité sans la prétention au contrôle

Il y a un dernier point que je veux aborder parce qu'il me semble crucial et parce que c'est là où je pense que beaucoup de discours sur l'acceptation du chaos deviennent problématiques. Accepter le chaos ne signifie pas abdiquer toute responsabilité. Ce n'est pas un blanc-seing pour l'inaction ou une justification commode pour ne pas agir sur ce qu'on peut effectivement changer. Je n’ai pas envie de vous entraîner dans un nihilisme passif. Pareil, j'ai découvert les travaux de Matthew Welsh, un chercheur britannique qui a travaillé sur la gestion sociopolitique de l'incertitude, et qui fait une distinction que je trouve très utile entre deux attitudes face au chaos. La résignation, qui consiste à considérer que comme on ne contrôle pas tout, autant ne rien faire. Et ce qu'il appelle la responsabilité adaptative, qui consiste à agir sur ce qu'on peut influencer tout en acceptant qu'on ne maîtrise pas les résultats ni le contexte général. C'est une posture difficile à tenir parce qu'elle demande de garder deux choses en tête en même temps : l'humilité sur nos limites et l'engagement dans l'action malgré ces limites. Ce n'est ni le fatalisme, ni ce que certains appellent le "solutionnisme", cette croyance qu'il existe une solution technique à chaque problème si on cherche assez bien.
C'est quelque chose de plus inconfortable et de plus honnête que les 2 et qui se rapproche de l’optimalisme qui me tient à cœur comme vous le savez. Je pense à ça souvent dans le contexte des polycrises que nous traversons collectivement. Dans le contexte, de crises climatiques, économiques, technologiques, sociales, politiques qui s'accumulent et s'imbriquent de façon non linéaire, il serait facile de basculer soit dans le déni, en se disant que ce n'est pas si grave ou que la technologie va tout résoudre, soit dans la sidération, en se disant que c'est de toute façon trop grand pour qu'on puisse faire quoi que ce soit. Les deux sont des réponses au chaos qui nous empêchent d'agir. Et les deux sont, à leur façon, des formes de fuite. 

Ce que j'appelle l'optimalisme, et je le vis imparfaitement, avec de la peur dedans comme je l'ai déjà dit dans ces pages, c'est une troisième voie. Voir la réalité telle qu'elle est, y compris les parts très sombres, sans pour autant se laisser paralyser par elles. Agir sur ce qu'on peut influencer avec tout l'engagement et la créativité dont on est capable, sans prétendre contrôler ce qu'on ne contrôle pas. Et trouver dans cet espace, entre lucidité et engagement, quelque chose qui ressemble à de la joie. La "joie rebelle" est un concept que je continue à affiner. Ce n'est pas la joie naïve de celui qui ferme les yeux sur les problèmes. Ce n'est pas non plus le stoïcisme froid de celui qui s'est blindé contre tout. C'est quelque chose de plus exigeant : la capacité à rester vivant, curieux, engagé, même et surtout dans les périodes de grande incertitude. La joie comme discipline de résistance, pas comme humeur passagère. Pas par déni, mais par choix. Pas parce que c'est facile, mais parce que c'est la seule alternative qui ait du sens quand on a décidé de danser au bord du chaos plutôt que de le fuir.

Ce qui s'est passé après le dej avec Pablo

Après cette conversation avec Pablo et ce retournement que sa phrase avait provoqué, je me suis trouvé dans une position un peu inconfortable : intellectuellement, je comprenais ce qu'il voulait dire. Mais émotionnellement, dans les situations concrètes de ma vie, mon premier réflexe restait exactement le même qu'avant. C’est-à-dire la liste, le plan (relatif car ce n’est pas mon penchant naturel quand même) et la tentative de reprendre le contrôle. Ce qui a commencé à changer, c'est la vitesse à laquelle je reconnais ce réflexe pour ce qu'il est. C’est-à-dire pas une solution évidemment mais une réaction automatique à l'inconfort de l'incertitude. Et cette reconnaissance, même partielle, crée un espace minuscule entre le stimulus et la réponse. Un espace dans lequel il est possible de se poser une question différente. Non plus "comment je reprends le contrôle" mais "qu'est-ce qui se passe vraiment ici, sous la surface de ce qui me stresse ?" Et "qu'est-ce que je ne veux vraiment pas perdre dans cette situation, au fond ?" Souvent, la réponse à cette 2eme question est beaucoup plus petite et plus précise que ce que j'imaginais. Ce n'est pas la situation entière qu'il faut sauver mais plutôt une ou deux choses spécifiques et parfois rien du tout finalement. Et sur ces choses-là, on peut agir. Sur le reste, on peut lâcher prise sans que ce soit une défaite.

Je ne dis pas ça pour vous donner une belle fin rassurante. La réalité, c'est que ça ne marche pas à tous les coups, il y a des chaos qui laissent des traces durables, des turbulences qui coûtent vraiment, des transformations qui passent par des pertes réelles et pas seulement par des réorganisations positives. Je serais franchement malhonnête si je prétendais le contraire, et ce serait exactement le genre de développement personnel simplifié que je déteste. Ce que je dis, c'est que notre relation par défaut au chaos, ce réflexe immédiat de contrôle, de planification, de résistance à l'imprévisible, est très souvent ce qui aggrave les choses plutôt que de les résoudre. Et que développer une relation différente à l'incertitude, plus curieuse, plus flexible, moins crispée, est peut-être l'une des compétences les plus importantes pour les années à venir. Pas parce que ça rend les turbulences indolores. Mais parce que ça change ce qu'on en fait. Nous entrons collectivement dans une période de turbulences profondes. Ce n'est pas une prévision pessimiste, c'est une lecture lucide de ce qui se passe déjà.
Les polycrises sont réelles, les systèmes qui ont structuré nos vies depuis plusieurs décennies sont sous tension et personne ne peut vous promettre un chemin linéaire à travers tout ça, parce qu'un tel chemin n'existe pas. Mais je reste convaincu, avec tout ce que j'ai lu et toutes les conversations que j'ai eues dans le cadre du podcast depuis 9 ans, que les individus et les collectifs qui traverseront le mieux ces turbulences ne seront pas ceux qui auront eu les meilleurs plans. Ce seront ceux qui auront développé la capacité à naviguer dans l'incertitude sans se laisser paralyser par elle. À agir avec engagement tout en acceptant de ne pas tout contrôler mais aussi à trouver du sens et de l'élan même quand rien n'est stable. À danser au bord du chaos, pour reprendre la formule de Pablo, plutôt qu'à fuir vers un rivage stable qui n'existe pas.

Alors, cette semaine, une seule question à vous laisser. Face à la prochaine turbulence dans votre vie, professionnelle, personnelle ou collective, quel serait votre premier mouvement si vous décidiez de naviguer plutôt que de résister ?

Je suis curieux de ce que vous allez trouver.

Cette semaine sur Vlan!

#385 Comment redonner envie du futur avec Cécile Wendling

Cécile Wendling, prospectiviste et fondatrice de Panoramique. Dans cet épisode, je reçois quelqu'un qui pense à 20, 30, 100 ans — pas par anxiété, mais par élan de vie. Cécile a dirigé la prospective du groupe AXA avant de tout quitter pour créer sa propre structure. Elle a passé des années à aider des organisations, des dirigeants, des individus à se projeter dans le temps long — pas pour prédire l'avenir, mais pour l'écrire lucidement. Elle est sociologue, constructiviste, et elle a cette capacité rare de transformer ce qui nous paralyse en terrain fertile. Je la connais depuis un moment, j'admire sa façon de tenir les deux bouts sans jamais tomber ni dans le catastrophisme ni dans la pensée magique. Dans cet épisode, nous parlons de ce qui nous empêche de nous projeter, de pourquoi la crise est peut-être autant un construit social qu'une réalité, et de comment le temps lui-même est une invention que la société nous impose. J'ai questionné Cécile sur les inégalités face au futur, sur l'Afrique comme laboratoire mondial de l'innovation, sur le conatus de Spinoza comme boussole intérieure, sur ce que ça fait vraiment de sauter d'un grand paquebot pour pagayer dans un petit rafiot. On parle aussi de ce qu'on transmet aux enfants, de l'entraide comme ressource immatérielle, de la dépendance au sentier, du clavier AZERTY et des déchets nucléaires — et tout ça forme un fil cohérent, joyeux, profond, sur la façon dont on peut reprendre la main sur son avenir.

#68 Pourquoi 80% des transformations d'entreprise ne marchent pas avec Ibrahima fall

Ibrahima Fall, dirigeant de Hommes & Décisions, président-fondateur de l'Institut du Travail Réel et professeur à Polytechnique. il est de ces invités qu'on attend depuis longtemps : un homme qui pense vraiment, qui ne cède rien sur les mots parce qu'il ne cède rien sur les choses.
Je l'ai découvert grâce à Emmanuel Duez, qui me l'a recommandé et je comprends pourquoi. Dès les premières minutes, j'ai senti que cet épisode allait bousculer beaucoup d'idées reçues sur le management, le leadership et la transformation des organisations. Dans cet épisode, nous parlons de la différence fondamentale entre le travail prescrit et le travail réel et pourquoi ignorer cette distinction fabrique du malheur dans les entreprises. J'ai questionné Ibrahima sur ce qu'il appelle le "trétentisme", cette fuite en avant qui consiste à soigner les individus plutôt que de soigner le travail lui-même. Nous parlons aussi de la confusion entre changer et transformer, entre problème et situation, entre esprit critique et esprit de crête. Et bien sûr, nous n'évitons pas l'IA — non pas pour savoir quel outil utiliser, mais pour nous demander ce qu'on a vraiment intérêt à lui confier. Ibrahima pose une question que presque personne ne pose : est-ce que parce que c'est techniquement possible, c'est forcément souhaitable ?

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Des liens tout à fait incroyables

  1. Pourquoi j’ai quitté Chat GPT
    J’ai fiat un post Linkedin qui a eu une exposition à laquelle je ne m’attendais pas qui expliquais mon choix de quitter Chat GPT pour des raisons éthiques et de lui préférer Claude qui est au moins aussi bon si ce n’est bien meilleur. Je ne suis pas encore passé sur une I.A. européenne mais c’est sans doute le prochain move! Cet article explique la posture de Anthropic, la société derrière Claude.

  2. Nous avons privatisé l’espoir et collectivisé le désespoir

    J’ai directement été attiré par le titre de cet article et pour cause, il parle précisément de temps long comme j’en parle dans cette newsletter et dans l’épisode qui arrive avec Cécile Wendling.
    Lui aussi donne des clefs, parfois différentes, pour espérer. En particulier il s’appuie sur le passé ce que je trouve super intéressant comme démarche.

  3. La pluie arrive en Antarctique et ce n’est pas une bonne nouvelle

    On le sait, le changement climatique est en route de manière inéluctable depuis 60 ans et nous ne bougeons pas car nous ne voyons pas vraiment les impacts concrêts dans notre vie quotidienne.
    Ca ne veut pas dire qu’il faille tout changer d’un jour à l’autre mais prendre conscience que notre rapport à notre écosystème n’est pas le bon. Il commence à pleuvoir en Antarctique et c’est une très mauvaise nouvelle bien sur, mais c’est parfaitement expliqué par cette chercheuse ici.

Je me limiterais toujours à 3 liens donc voilà c’est tout pour cette semaine (sachant que Vlan! La newsletter est bimensuel comme Vlan! Leadership), n’hésitez pas à me faire des retours et à partager la newsletter à vos amis, collègues, connaissances si vous la trouvez pertinente. Il y a un bouton juste en dessous !

Vlan!

Par Gregory Pouy

Je suis Grégory Pouy, un passionné des liens humains et des transformations qui façonnent notre société. Après des années dans le monde de la transformation digitale, j’ai décidé de prendre un autre chemin : celui de la réflexion, de l’authenticité et de la nuance.

Je suis profondément convaincu que dans un monde qui va toujours plus vite, prendre le temps de comprendre est une force.

À travers mon podcast, mes écrits, mes conférences et mes accompagnements et désormais cette newsletter je cherche à donner des clés pour mieux appréhender le monde, avec lucidité et bienveillance afind d’être plus serei dans un monde instable.

Ce qui me motive, c’est d’aider chacun à poser un regard différent sur la vie, à s’interroger sur ce qui compte vraiment, et à nourrir des liens profonds et sincères. Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je pose les bonnes questions – celles qui permettent d’avancer avec plus de clarté et de conscience

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