Alors non je ne pars pas faire une mission humanitaire pour paraître cool sur les réseaux. C’est moins grandiloquent mais je suis convaincu que ça aura plus d’impact. Dans cette newsletter, je vous raconte ma quête depuis 7 ans, mes errements, mes doutes et finalement la mission que je me donne : vous redonner envie du futur.
Je débute avec une question : Avez-vous un futur qui vous donne envie ?
Je ne parle pas de vos plans de carrière, de votre projet d'achat immobilier ou de vos prochaines vacances. Je parle du vrai futur, celui dans lequel vous vous projetez et projetez vos enfants potentiels.
Quand était la dernière fois que vous avez pensé au futur en vous réjouissant ?
Est-ce que le futur vous empêche de dormir certaines nuits?
Est-ce que Le futur est devenu un tabou aux dîners entre amis pour ne pas plomber l'ambiance ?
Est-ce que parfois en scrollant les actualités et où vous vous dites :
"Mais qu'est-ce que je fais de ma vie, exactement entre le changement climatique, les crises géopolitiques, économique ou encore sociale? Sans parler de l’arrivée de l’I.A. ou de la neurotech et désormais l’attaque du Vénézuela et les conséquences que cela va avoir ».
J’ai envie de vous dire :Vous n'êtes pas seuls.
Moi aussi, je me suis posé cette question. Pendant des années.
Et j'ai fini par trouver une réponse qui a tout changé.
Mais avant de vous la partager, il faut que je vous raconte d'où je viens.
Parce que c'est important.
Parce que cette réponse, je ne l'ai pas trouvée dans les livres ou dans une révélation mystique.
Je l'ai trouvée en me trompant. Pendant des années.
Je suis à l’origine un marketer et mon blog m’a propulsé à l’époque comme l'un des marketers digitaux les plus réputés en France durant plus de 10 ans.
.J’étais un marketer reconnu, rémunéré et apprécié pour cela. Invité aux conférences. Considéré comme un "expert".
Et pourtant, en 2018, j’ai réalisé que j’étais du mauvais coté du 21ème siècle.
Alors, j'ai tout quitté !
Alors bien sûr l’idée est belle mais le souci est quand même de pouvoir se nourrir et se loger.
Et c'est là que commence ma recherche (celle dont personne ne parle sur LinkedIn, celle qui ne fait pas de belles stories Instagram) : si je ne suis pas marketer, je suis quoi ? Un podcasteur ? c’est quoi ma mission ? Comment me présenter au monde ? Qu’est-ce que je vends et à qui ?
Pendant 7 ans, j’ai tenté plein de choses : élargir les thématiques de Vlan! jusqu’à devenir un peu « fourre-tout », j'ai écrit un livre sur l'écologie, j’ai lancé un podcast sur le leadership, j’ai aussi créé une masterclass sur l'intelligence artificielle.
En 2 mots comme en 100, j’ai gesticulé et tout me ressemble mais il manque une colonne vertébrale lisible pour l’extérieur.
On revient au point de départ : qu’est ce que je suis ? Qu’est ce que je vends ?
A 5 ou 6 reprises j’ai changé de titre, j'ai essayé de tout unifier, de tout faire rentrer dans une case bien propre, de présenter une "identité professionnelle" cohérente.
Mais en réalité, elle était fragmentée et sur le chemin, j’ai perdu un peu de ma confiance en moi.
C’était pas la cata non plus mais cette question lancinante revenait sans cesse : "Mais qu'est-ce que tu fais de ta vie, Greg ?"
Jusqu'à ce que je comprenne quelque chose de fondamental.
Après toutes ces années d'errance, j'ai enfin compris ce qui unifie tout ce que je fais.
Je veux vous redonner envie du futur.
Voilà. C'est dit. C'est ma mission de vie.
Pas avec un optimisme naïf qui nie la réalité.
Pas avec un fatalisme résigné qui justifie l'inaction.
Mais avec une posture qui se nomme l'optimalisme et que je vous explique un peu plus loin.
En 2 mots, il s’agit d’être réaliste et optimiste à la fois.
Parce que franchement, le futur fait peur en ce moment et ce n’est définitivement pas le développement personnel qui va nous sortir de là individuellement ou collectivement.
Je débute par le réalisme (je viendrais à l’optimisme ensuite), nous vivons actuellement 9 polycrises qui se chevauchent simultanément :
La crise écologique : la planète s'est déjà réchauffée de +1,2°C et ça ne va pas en s'arrangeant. Les scientifiques nous donnent jusqu'à 2030 pour agir de manière décisive et je doute que ca arrivera.
La crise de l'eau : 2 milliards de personnes vivent en stress hydrique et 50% de la production mondiale de nourriture est à risque.
La crise de la biodiversité : les populations animales ont chuté de 69% depuis 1970. Ce n'est pas juste triste pour les pandas, c'est tout l'écosystème qui s'effondre – imaginez à la hauteur de votre corps, si on enlevait 70% des bactéries qui vous font vivre au quotidien (oui votre corps est un écosystème comme la planète).
La crise économique : près de 60% des pays sont à risque de surendettement. La Chine et les États-Unis ont des niveaux d'endettement qu'on n'avait plus vus depuis la Seconde Guerre mondiale.
La crise politique : 1 humain sur 2 vit sous un régime autoritaire. Et on voit bien comment toutes les conditions sont réunies pour que les démocraties basculent les unes après les autres.
La crise technologique : 40% des emplois sont exposés à l'IA. Pas "menacés dans un futur lointain" – exposés MAINTENANT. Sans parler de la neurotech dont j’aurais le plaisir de parler bientôt sur Vlan ! avec notre ancien ministre Olivier Veran que j’ai adoré rencontrer dans un café il y a 3 semaines.
La crise géopolitique : plus de 110 conflits armés sont actifs dans le monde. Les tensions s'accumulent et pour ce qui concerne l’Europe, la Russie commence à montrer des vélléités inquiétantes.
La crise sociale : 1% des plus riches détiennent près de 50% des richesses. L'inégalité n'a jamais été aussi forte depuis l'ère industrielle. Mais je vais y revenir dans cette newsletter.
La crise démographique : 1 personne sur 6 aura plus de 60 ans en 2030. Qui va travailler demain ? Qui va payer les retraites ? Qui va s'occuper de nous quand on sera vieux ?
Et comme si ce n'était pas suffisant, ajoutons une crise sanitaire potentielle : une pandémie majeure survient environ tous les 20-30 ans. On vient d'en vivre une. La prochaine n'est peut-être pas si loin et sa venue devrait être accélérée par la mondialisation associée aux polycrises que je viens de décrire.
Prenons un exemple concret.
On vous a vendu la méritocratie : "Si tu travailles dur, si tu étudies, si tu fais des efforts, tu réussiras."
Mais la réalité, c'est que nous vivons désormais dans une héritocratie.
Et ce n'est pas une théorie fumeuse. Les chiffres sont glaçants.
Sur le transfert de richesse : Plus de 100 000 milliards de dollars vont être transférés des baby-boomers aux générations suivantes d'ici 2048. Pendant ce temps, aux États-Unis, les plus de 50 ans possèdent 60% de la richesse privée de la nation.
Mais le plus violent c’est que chaque année, 1 400 milliards de dollars sont transférés des jeunes – qui vont de moins en moins bien économiquement – vers les personnes âgées – la cohorte la plus riche de l'histoire – via des programmes comme la retraite.
Tout cela s’explique par la pyramide des âges, le fonctionnement des retraites et de nombreux autres éléments qu’on avait pris le temps d’analyser dans un épisode disponible ici.
Aujourd’hui la réalité des plus jeunes c’est que ce qui est essentiel est devenu inaccessible : le logement, l’éducation, la santé, la nourriture.
A titre d’exemple, il faut gagner 3 fois plus en 2025 qu’en 2005 pour acheter le même appartement.
À Londres, 52% des primo-accédants ont eu besoin de la "Banque de Maman et Papa".
Aux USA, un quart de la Gen Z reçoit de l'aide parentale pour l'apport.
Si vos parents ne peuvent pas vous aider, vous êtes simplement... coincés d’autant que ca va être à nous de nous occuper d’eux demain et que cela aura également un coût.
Par ailleurs, l'éducation n'a jamais été aussi chère. Son retour sur investissement n'a jamais été aussi faible. Dr. Filby elle-même, à 31 ans avec un doctorat, gagnait 12 000 dollars en sortie d’école en nettoyant des toilettes. Un diplôme ne garantit plus rien.
Face à ces coûts explosifs, le pourcentage de 30-34 ans ayant au moins un enfant est passé de deux tiers à moins d'un tiers (27%) aux USA.
Ce n’est pas l’unique raison mais les gens renoncent à devenir parents parce qu'ils ne peuvent tout simplement pas se le permettre.
Un foyer américain sur six est désormais multigénérationnel (trois générations sous un même toit) – le double du taux de 1970. On revient en arrière, mais pas par choix.
Un homme d'une trentaine d'années a confié à Dr. Filby quelque chose qui m'a marqué : "J'ai toujours pensé avoir laissé tomber le système avant de réaliser que le système m'avait laissé tomber."
Voilà une force invisible qui façonne votre futur et dont personne ne parle vraiment.
L'héritocratie détermine qui peut acheter un logement, qui peut avoir des enfants, qui peut changer de carrière, qui peut prendre des risques.
Et c'est juste une des 9 polycrises que j'ai listées plus haut.
Vous comprenez pourquoi les gens perdent espoir et pourquoi les extrêmes les tentent ?
Face à cette réalité, trois postures classiques s'offrent à nous :
L'optimisme naïf : "La technologie va nous sauver ! L'innovation trouvera des solutions ! Il faut juste faire confiance au progrès !" ou pire “l’Humain providentiel”.
Cette posture me semble dangereuse. Elle nie la gravité de la situation. Elle nous empêche d'agir avec l'urgence nécessaire.
Le fatalisme résigné : "On verra bien ! De toute façon on est foutus. À quoi bon ? Autant profiter tant qu'on peut." ‘Essayons d’accumuler un max de mon coté pour protéger ma famille”.
Cette posture me semble tout aussi dangereuse. Elle justifie l'inaction. Elle devient une prophétie auto-réalisatrice.
L'activisme enragé : "Il faut tout détruire et reconstruire ! Révolution maintenant !"
Cette posture, bien qu'elle parte d'une analyse juste, me semble épuisante et souvent contre-productive.
La rage seule ne construit rien de durable. A Noter que cette posture peut être utile dans notre société car elle fait bouger la fenêtre d’Overton.
Néanmoins, à partir du moment où vous êtes convaincu de détenir LA vérité vous devenez un potentiel tortionnaire.
Alors j'ai choisi une quatrième voie : l'optimalisme.
Ce terme, développé par le chercheur Tal Ben-Shahar, désigne une posture très précise : voir le réel tel qu'il est, dans toute sa dureté, et choisir malgré tout de s'y engager.
L'optimaliste ne nie pas la réalité. Il ne prétend pas que "tout va bien se passer". Il ne cherche pas à vous rassurer avec de fausses promesses.
Le cycle dans lequel nous sommes rentrés est un cycle relativement court pour l’humanité mais vraiment long pour une vie humaine - je pense que cela prendra encore 15-20 ans avant que l’on voit la sortie du tunnel.
Mais l’optimalisme refuse le désespoir.
Il refuse la résignation. Il refuse de laisser la peur paralyser l'action.
Cette posture, Viktor Frankl l'a incarnée dans des conditions que nous ne pouvons même pas imaginer.
J’y fais souvent référence mais il a été survivant des camps de concentration nazis et créateur de la logothérapie.
Il a également écrit dans "Man's Search for Meaning" que même dans l'enfer absolu, même face à l'absurdité totale, l'être humain conserve une liberté ultime : celle de choisir son attitude face aux circonstances.
Il raconte comment, dans les camps, certains prisonniers partageaient leur dernier morceau de pain. Comment, face à l'horreur absolue, certains choisissaient malgré tout de préserver leur humanité.
Pas par optimisme – il n'y avait rien de rassurant dans leur situation. Mais par un choix fondamental de ne pas laisser les circonstances détruire leur âme.
Frankl écrit : "Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réponse. Et dans notre réponse se trouve notre croissance et notre liberté."
C'est exactement ça, l'optimalisme.
Face aux 9 polycrises qui nous frappent simultanément, face à l'héritocratie qui détermine de plus en plus nos destins, face à l'IA qui menace nos emplois et au climat qui part en vrille, nous avons toujours cet espace.
Ce choix.
Nous pouvons choisir de regarder le réel en face sans nous laisser écraser par lui.
Nous pouvons choisir d'agir malgré l'incertitude.
Nous pouvons choisir la joie comme acte de résistance.
Maintenir du sens sous la contradiction
Il y a quelques semaines, je suis tombé sur un article du créateur de contenus et stratège Eugene Healey qui a mis des mots sur quelque chose que je ressentais confusément depuis des années.
Il parle de notre besoin de "maintenir du sens sous la contradiction" – cette capacité à construire une vie sensée dans un monde où tout semble contradictoire.
Pendant des années, j'ai lutté contre ces contradictions et puis je les ai revendiqués dans mon livre.
Mais Healey propose une autre voie : accepter la contradiction comme condition même du sens contemporain.
Pas résoudre les tensions, mais apprendre à vivre avec.
Non pas choisir un narratif simplifié, mais embrasser la complexité. Non pas prétendre avoir les réponses, mais cultiver la capacité à poser de meilleures questions.
C'est exactement ce que je fais depuis des années sans le nommer : je maintiens du sens sous la contradiction.
Je parle d'écologie ET d'intelligence artificielle. De spiritualité ET de politique. De développement personnel ET de critique systémique. D'optimisation ET de ralentissement. De solitude ET de communauté.
Ces apparentes contradictions ne sont pas des bugs – c’est la matrice du système dans lequel nous évoluons.
La citation exacte, c’est que “La contradiction n’est pas un bug dans le système, elle est le système” (oui c’est une référence d’un philosophe Slovène - Slavoj Žižek – ne me demandez pas ahahahahaha).
Alors concrètement, comment je compte accomplir cette mission de vous redonner envie du futur ?
En me positionnant clairement comme prospectiviste.
Sans vraiment le nommer tel quel, c'est ce que je fais depuis 20 ans.
Analyser les signaux faibles, identifier les forces invisibles, anticiper les transformations à venir, explorer les futurs possibles.
La prospective, ce n'est pas prédire l'avenir.
C'est comprendre le présent suffisamment en profondeur pour identifier les futurs possibles. Pluriel.
Parce qu'il n'y a pas UN futur inévitable, mais une multiplicité de futurs possibles.
Certains sont catastrophiques. D'autres sont extraordinaires. La plupart sont entre les deux.
Mon rôle, c'est de vous aider à :
1. Comprendre le présent Décrypter les forces invisibles qui façonnent notre époque.
L'héritocratie, l'accélération technologique, les polycrises systémiques, les transformations culturelles profondes. Pas pour vous faire peur, mais pour vous équiper.
2. Explorer les futurs possibles Identifier les différents chemins que nous pouvons emprunter collectivement. Les futurs désirables et les futurs redoutables. Les probables et les improbables.
Pour que vous puissiez choisir consciemment vers quel futur vous voulez tendre.
3. Cultiver l'agilité Face à l'incertitude radicale de notre époque, la seule stratégie viable, c'est l'agilité. Pas l'agilité des start-ups et des méthodes Scrum (oui oui ca existe).
Je parle d'une agilité existentielle. La capacité à apprendre et à désapprendre rapidement.
À reconstruire du sens quand les anciens systèmes s'effondrent. À rester debout dans la tempête.
Mais attention. Cette mission n'est pas qu'intellectuelle.
Elle est aussi profondément émotionnelle et politique et en réalité ancrée dans le quotidien.
J’avais écrit il y a plusieurs mois une newsletter que j’avais intitulée « la joie rebelle » et je crois que j’avais visé juste.
D’ailleurs, j’en ai fait une conférence qui cartonne chaque fois que je la propose.
Parce qu'on ne construit rien de beau dans le désespoir.
Parce que la peur paralyse et que la joie libère.
Parce que notre santé mentale collective est tout aussi importante que notre lucidité.
Spinoza avait un concept puissant pour désigner ce qui nous empêche d'agir : les passions tristes.
La haine, la peur, l'envie, la tristesse – toutes ces émotions qui diminuent notre puissance d'agir, qui nous enferment dans l'impuissance et la résignation.
Les passions tristes nous paralysent. Elles nous maintiennent dans un état de servitude. Elles nous empêchent d'être pleinement vivants.
Alors cultiver la joie dans un monde qui nous vend de la tristesse, c'est déjà un acte de résistance politique.
Mais attention : je ne parle pas de la joie toxique du développement personnel Instagram.
Évidemment pas du "good vibes only" qui nie la souffrance.
Pas de l'injonction au bonheur qui culpabilise ceux qui vont mal.
Je parle de ce que le poète René Char appelait, en pleine seconde guerre mondiale depuis les maquis, une "allégresse consentante" – cette capacité à dire oui à la vie malgré sa dureté, à trouver de la beauté dans les ruines, à maintenir l'espérance sans céder à l'illusion.
Camus, lui aussi, nous a laissé cette image puissante de Sisyphe – condamné à rouler éternellement son rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où il retombe systématiquement.
Face à cette absurdité, Camus conclut : "Il faut imaginer Sisyphe heureux."
Non pas parce que son rocher finira par rester en haut. Non pas parce que sa condition changera.
Mais parce que la joie se trouve dans l'acte même de le pousser, dans la révolte contre l'absurde, dans le choix de dire oui à la vie malgré sa futilité apparente.
Cette joie-là n'est pas naïve. Elle est lucide. Elle regarde l'absurde en face et choisit quand même l'engagement.
Elle voit la catastrophe venir et décide malgré tout de planter des arbres. Elle connaît l'étendue de notre impuissance et trouve quand même la force d'agir.
Une discipline (je déteste ce mot mais ici il me semble parfaitement à propos) de la résistance.
Discipline parce qu'elle demande un entraînement quotidien, des pratiques concrètes, une vigilance constante contre les passions tristes qui nous assaillent de toutes parts.
C’est aussi une résistance contre l’optimisation permanente (oui toi qui a une montre connectée je te vise ahahahahah).
Tout simplement une discipline pour prendre soin de soi par le ressenti de son corps.
De la résistance, parce qu'elle s'oppose frontalement au système qui a besoin de notre désespoir pour survivre et de notre course effrénée pour que nous n’ayons pas le temps de réfléchir à ce que nous sommes en train de faire ou de nous faire faire.
Votre joie dans l'action collective, votre plaisir à créer du sens malgré le chaos, votre capacité à rire et à danser même quand tout part en vrille – c'est ça qui terrifie vraiment le système.
Laissez-moi vous proposer quelques pistes. Pas des recettes magiques, mais des directions à explorer :
Créer des liens profonds Dans un monde qui nous isole systématiquement, tisser des relations authentiques est un acte révolutionnaire. Pas les 5000 "followers" Instagram, Linkedin ou Tiktok, mais quelques personnes avec qui vous pouvez vraiment être vous-même.
Des relations où vous pouvez être vulnérables, où vous pouvez échouer, où vous pouvez douter sans être jugé.
Ces liens sont notre première ligne de défense contre le désespoir. Ils nous rappellent que nous ne sommes pas seuls. Ils nous portent quand nous n'avons plus la force. Ils nous ramènent à la joie quand nous sombrons.
Mettre le soin au centre Prendre soin de soi, prendre soin des autres, prendre soin du monde.
Pas comme une obligation morale culpabilisante, mais comme une source de sens profond.
Le soin, c'est cette attention portée à ce qui est fragile, vulnérable, périssable.
C'est reconnaître notre interdépendance fondamentale. C'est comprendre que nous avons besoin les uns des autres pour survivre et pour vivre.
Dans un système qui valorise l'autonomie individuelle, la performance, la force, mettre le soin au centre, c'est déjà résister.
Élargir sa vision en acceptant d'autres manières de voir le monde Sortir de sa bulle. Écouter des voix différentes.
S'exposer à des perspectives qui nous dérangent. Accepter que notre vision du monde n'est pas la seule possible, ni même nécessairement la meilleure.
Cette ouverture n'est pas une faiblesse, c'est une force. Elle nous permet de mieux comprendre la complexité du réel. Elle nourrit notre créativité. Elle nous rend plus agiles face à l'incertitude.
S'entraider sans compter Dans un monde qui nous vend la compétition comme seule voie possible, choisir la coopération, c'est déjà subversif.
Partager ses ressources. Transmettre ses connaissances. Soutenir les projets des autres.
Créer des communs. Construire ensemble plutôt que de se battre les uns contre les autres.
L'entraide n'est pas un luxe moral, c'est une stratégie de survie collective infiniment plus efficace que la compétition.
Donner la priorité à son otium vous savez comme j’affectionne ce concept je ne vais la revenir dessus (je vous renvoie à l’épisode si nécessaire).
Notre société a tué l'otium. Tout doit être productif, rentable, optimisé. Même nos loisirs deviennent du travail déguisé.
Revendiquer son droit à l'otium – ce temps improductif, gratuit, contemplatif – c'est résister à la logique de la rentabilité généralisée. C'est se reconnecter à ce qui nous rend vraiment humains.
Se concentrer sur son bonheur sans culpabilité Oui, le monde brûle. Oui, il y a des injustices partout. Oui, nous devrions agir.
Mais vous avez aussi le droit d'être heureux. Vous avez le droit de rire, de danser, de faire l'amour, de jardiner, de cuisiner, de contempler un coucher de soleil.
Votre bonheur n'est pas égoïste. C'est votre carburant pour continuer à vous battre.
Il doit y avoir un temps pour tout et la lutte concrête tous les jours va vous exténuer, ca ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire bien sûr.
Mais ce bonheur, c'est votre preuve que la beauté existe encore. C'est votre démonstration que le système n'a pas gagné.
Apprendre à vraiment écouter Pas écouter en attendant son tour de parler.
Pas écouter en préparant sa réponse. Pas écouter en jugeant.
Écouter pour comprendre. Écouter pour accueillir. Écouter pour créer de l'espace à l'autre.
Cette qualité d'écoute est devenue rare. Elle est aussi devenue précieuse. Elle crée des liens profonds. Elle permet des conversations qui transforment. Elle ouvre des possibles.
Je sais à quel point elle est difficile dans un monde qui se veut tellement polariser et quand les personnes devant nous sont tellement convaincues de ce qu’elles avancent.
Se réconforter mutuellement Arrêter de prétendre que tout va bien. Arrêter de porter des masques. Oser dire "j'ai peur", "je ne sais pas", "j'ai besoin d'aide".
Et quand quelqu'un vous confie sa vulnérabilité, ne cherchez pas à la minimiser ou à la résoudre. Accueillez-la. Tenez-la avec douceur. Rappelez à cette personne qu'elle n'est pas seule.
Le réconfort mutuel n'est pas de la faiblesse, c'est de la force partagée.
Créer le monde que vous souhaitez Ne pas attendre que le système change. Ne pas attendre les politiques. Ne pas attendre les grands leaders.
Commencer maintenant, à votre échelle, avec vos moyens, à créer des fragments du monde que vous voulez voir advenir.
Un jardin partagé. Un groupe d'entraide. Une initiative solidaire. Un projet créatif. Une communauté apprenante. Peu importe. L'important, c'est de construire plutôt que de simplement critiquer. De préfigurer plutôt que d'attendre. D'incarner le changement plutôt que de le réclamer.
Oui c’est une goutte d’eau, non ça ne va pas changer le monde mais cela vous donnera du sens et vous permettra de garder la tête hors de l’eau.
Voilà ce que signifie pour moi la joie rebelle comme discipline de la résistance.
Comme l'écrit Healey, maintenir du sens sous la contradiction n'est pas un exercice intellectuel abstrait.
C'est un acte de résistance existentielle quotidienne. C'est refuser que les contradictions de notre époque nous paralysent. C'est choisir la vie, encore et toujours, malgré tout.
Vous vous demandez peut-être : "Ok Greg, belle mission, mais concrètement ?"
Voilà ce qui change :
Vlan! devient un outil de prospective vivant qui vous permettra de savoir de quoi tout le monde va parler d’ici 1 an.
Chaque épisode explorera une force invisible qui façonne le futur – technologique, sociale, économique, écologique. Pas pour faire peur, mais pour comprendre. Pour vous équiper.
J’ai toujours reçu sur Vlan ! des personnes qui sont devenues connus par la suite (Samah Karaki a fait ses armes pour la 1ère fois sur Vlan ! mais de nombreux autres aussi), j’ai toujours été relativement en avance de phase mais cette fois je vais l’assumer et angler les épisodes de cette manière.
Si vous avez des idées ou des envies, n’hésitez pas.
Mes newsletters deviennent des cartes du futur. Longues, fouillées, documentées. Chacune explorant une dimension du monde qui vient en croisant les perspectives et les compétences.
Et évidemment toujours avec des références solides, des données vérifiables, des analyses nuancées. Et surtout, avec cette vulnérabilité que vous connaissez déjà – parce que je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Mes conférences et plus largement mes interventions en entreprises vont se concentrer à redonner envie du futur et transformer les organisations de l’intérieur car je crois profondément qu’elles ont un rôle majeur à jouer dans ces évolutions.
Je réfléchis à lancer de nouveaux formats : des rdv dans la vraie vie parce que ca me semble essentiel de se rassembler (ca vous intéresserait ?), des masterclass sur la joie rebelle mais aussi sur l’I.A., des ateliers, des communautés pour ceux qui veulent se préparer ensemble plutôt que de rester isolés dans leur anxiété.
Je vais continuer mes recherches, discuter avec des chercheurs, activistes, politiques, journalistes pour croiser les regards et enrichir les perspectives. Parce qu'aucun d'entre nous ne peut tout comprendre seul.
Mais surtout, je vais cesser d'essayer d'être cohérent au sens traditionnel.
Parce que c'est exactement ça, maintenir du sens sous la contradiction. C'est refuser la simplification qui rassure mais qui ment. C'est embrasser la complexité qui dérange mais qui libère.
Alors voilà mon invitation.
Si vous êtes fatigués des faux optimistes qui vous vendent du rêve.
Si vous êtes épuisés par les prophètes de l'apocalypse qui vous vendent du désespoir.
Si vous refusez de choisir entre la naïveté et le cynisme.
Si vous voulez comprendre ce qui se joue vraiment.
Si vous voulez construire consciemment votre rapport au futur.
Si vous êtes prêts à embrasser la contradiction plutôt qu'à la fuir.
Si vous voulez cultiver la joie rebelle comme discipline de résistance.
Alors rejoignez-moi dans cette mission.
Ce ne sera pas confortable. Je ne vous rassurerai pas avec de fausses certitudes. Je ne prétendrai pas avoir toutes les réponses.
Mais je vous promets l'honnêteté intellectuelle. La rigueur dans l'analyse. La nuance plutôt que la simplification. Et surtout, je vous promets qu'on cherchera ensemble – parce que c'est exactement ça, l'optimalisme : refuser de chercher seul dans son coin et construire collectivement du sens malgré le chaos.
Le futur fait peur. C'est normal. C'est sain, même.
Mais il peut aussi être passionnant. Stimulant. Plein de possibles inexplorés.
Je veux vous redonner envie du futur.
Pas en vous mentant sur sa difficulté.
Mais en vous équipant pour le naviguer.
Parce qu'au fond, nous avons encore du pouvoir. Pas le pouvoir de tout contrôler – ça, c'est une illusion.
Mais le pouvoir de choisir notre attitude. Notre engagement. Notre joie malgré tout.
Vous êtes partants ?
Alors c'est parti.
Bienvenue dans ma mission. Bienvenue dans notre mission.
Si vous avez des questions, des doutes, des peurs, des envies sur les sujets que vous aimeriez que j'explore – écrivez-moi. Parce que cette mission, elle est aussi la vôtre. Et elle se construit ensemble.
Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'Économie, est aujourd’hui à la tête de plusieurs entreprises, dont la Compagnie des Amandes et Alfeor dans le nucléaire.
Dans cet épisode, nous parlons de politique économique, de désindustrialisation, de réindustrialisation, de souveraineté et du rôle de l'Europe.
J'ai voulu l’inviter car je constate depuis longtemps les limites de l’action politique en France face aux défis économiques, écologiques et sociaux dont je parle dans cette newsletter. Et qui mieux qu’un ancien ministre de l’Économie – aujourd’hui entrepreneur engagé – pour en parler franchement ?
Arnaud ne mâche pas ses mots : critique de l’Union Européenne, inquiet de la vassalisation économique de la France face à la Chine et aux États-Unis, il appelle à un sursaut productif, à la réindustrialisation, et à une refondation profonde de notre appareil productif. On n’est pas toujours d’accord, notamment sur l’écologie, mais sa vision force le respect, tant elle est construite et passionnée.
Cet épisode est aussi l’occasion d’annoncer que je recevrai de plus en plus de personnalités politiques sur Vlan! – car il est temps de reconnecter les enjeux économiques et politiques à notre quotidien.
Emmanuelle Duez, entrepreneure et fondatrice du Boson Project, vient de publier un livre essentiel : "Où sont passés nos rêves d’émancipation par le travail ?"
Dans cet épisode, j’ai le grand plaisir de recevoir une personne que je connais bien et que j’apprécie profondément : Emmanuelle. Sa parole est vive, son regard est aiguisé, et sa vision du travail, à la fois lucide et profondément humaine.
Depuis 15 ans, Emmanuelle fait du travail… son travail. Elle le scrute, le décortique, le questionne au sein des entreprises, auprès des dirigeants, des conseils d’administration, mais aussi en lien avec les jeunes générations. Et dans cet échange, nous sommes allés loin. Très loin.
J’ai voulu comprendre avec elle ce qu’il restait de la promesse émancipatrice du travail. Pourquoi cette promesse s’est-elle effritée ? Quel rôle la pandémie a-t-elle joué dans cette transformation silencieuse mais massive ? Pourquoi aujourd’hui, de plus en plus de jeunes entrent dans le monde professionnel déjà désabusés ?
Nous avons aussi parlé d’engagement, de collectif, de la place du management, de fiscalité, de désindustrialisation, et même de spiritualité dans les collectifs de travail.
Cet échange est un wake-up call. Un appel à remettre du sens, de la joie, du lien, là où trop souvent, il ne reste plus qu’un vide. Emmanuelle propose de redonner au travail sa juste place : celle d’un chemin d’émancipation, certes exigeant, mais profondément vivant.
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A quoi va ressembler le monde post-attaque sur le Venezuela?
J’imagine que vous êtes autant choqué que moi de l’attaque des U.S. sur le Venezuela et de toutes les conséquences que cela va avoir dans le monde qui s’ouvre. Car évidemment cela n’a rien à voir avec le narcotrafic (les américains meurent du Fentanyl qui arrive de Chine) ni avec le fait que Maduro soit un dictateur insupportable.
Quand je parle de chaos, ce n’est pas avec légèreté. J’espère que l’on va s’éviter les débats de modération sur ce sujet car il n’y a aucune manière de l’être cette fois. J’ai cherché un article pertinent sur le sujet et bien sur à ce stade, ce qu’il y a de plus intéressant à lire vient de la presse américaine indépendante comme the Atlantic.
Devrait-on interdire les partis qui menacent la démocratie?
C’est une question que je me pose régulièrement car je trouve intéressant que les partis antidémocratiques appellent toujours à la démocratie voire se victimisent pour justement faire dy pays un démocratie illibérale (joli mot pour dire une autocratie). C’est le cas de Trump bien sur mais c’est le cas du R.N et de tous les partis extrême.
En Belgique, les partis extrêmes ne sont simplement pas invités dans les médias et quand j’ai lu cette analyse, je me suis dis que ça serait nécessairement intéressant pour vous de la lire.
Les impressions d’une ado de 15 ans coupé des réseaux sociaux par ses parents
Je ne suis pas parent mais je pense souvent aux ados de mes amis, aux votres et à l’impact des reseaux sociaux sur leurs vies. On se dit que socialement ca va être dur, que peut être ils auraient plus de temps pour x ou y mais on ne sait pas vraiment car ce sont surtout des analyses d’experts ou des suppositions.
Ce que j’ai adoré dans cet article c’est qu’il s’agit d’une interview d’une ado et qu’elle livre ce qu’elle vit et la manière dont elle le voit.
Je me limiterais toujours à 3 liens donc voilà c’est tout pour cette semaine (sachant que Vlan! La newsletter est bimensuel comme Vlan! Leadership), n’hésitez pas à me faire des retours et à partager la newsletter à vos amis, collègues, connaissances si vous la trouvez pertinente. Il y a un bouton juste en dessous !